17 mars 2018

Le premier repas

Je ne peux m’empêcher de partager avec vous ce moment qui a changé ma vie et qui illustre la "problématique".

Nous sommes le 2 novembre 2012, il est 19h00, ELLE va arriver ... Cela fait presque un an que je croise au travail cette magnifique jeune femme et à chaque fois que je la vois, je sens apparaître sur mon visage un sourire niait. Mais, timide de nature, je n'ai jamais osé l'aborder.

Mais, voilà, il y a quelques jours nous avons dû brièvement collaboré ensemble, une fois le travail effectué, je lui offre un café au distributeur. Nous commençons à faire connaissance, j'apprends notamment qu'elle est arrivée il y a peu du Portugal, et qu'elle ne connaît pas grand monde ici. C'est donc très confraternellement, et l'air détaché, que je lui propose de "se faire un resto", "un de ses quatre" pour lui faire visiter le secteur, en toute amitié bien sûr ... ELLE à dit oui, et c'est pour ce soir.

Tout est prévu, je vais lui faire découvrir la gastronomie locale, un restaurant dont je suis un habitué. Sur la carte : foie de porc, andouillettes, gibier selon la saison, également un plat d’écrevisses gratinées (sans grand intérêt), - la base de la cuisine française, le meilleur des outils pour séduire une femme.

À notre arrivée, le propriétaire m'explique, en aparté, avoir du cerf chassé par ses soins le matin même, ni une ni deux, je propose à VickyLou de me faire confiance pour le choix du plat et commande deux assiettes de civet de cerf. Je lui promets un plat sensationnel comme on en mange rarement. À sa demande, on se dirigera vers un vin rouge "bio" (un peu bizarre, mais pourquoi pas ... ) afin d'accompagner ce mets surprise.

Dans l'attente des plats, nous entamons la discussion, des banalités, nous parlons un peu du travail, elle me parle de son Portugal natal, et alors que je vois arrivées au loin nos assiettes, j'entends ces quelques mots qui m'ont fait blêmir : " Il m'arrive encore de manger un peu de viande blanche, mais j'ai la ferme intention de devenir végétarienne " ...

Les assiettes sont devant nous, et VickyLou sourit de la situation, au moins elle a le sens de l'humour. De mon coté, c'est la première fois que j'en vois une pour de vrai, une " végétarienne ", je croyais que c'était un mythe, comme les monstres sous le lit, les vampires, ou encore les zombies. Mais non, il y en a une en face de moi, et elle a une assiette de viande devant elle (pas très banal)!

Mais le pire reste à venir, car VickyLou m'explique ne pas savoir ce qu'est un cerf en français, je lui décrie donc l'animal en question, et là son sourire s’efface, ses yeux s'ouvrent comme terrifiés et elle me lance : " C'est quand même pas un Bambi ??!! " Putain de Walt Disney !!!

Au final, double dose de cerf pour moi, VickyLou a pu se rattraper sur les desserts, et malgré ce début peu prometteur, nous voilà partis pour la plus belle des aventures.

23 février 2018

Elle...

Cabo da Roca

Moi, c’est VickyLou, née à mi-nuit, sous la lueur de la lune croissante, pas loin de « l’endroit où la terre s’arrête et où la mer commence », le point le plus occidental du continent européen.


Il y a 6 ans, j’ai changé les embruns marins pour la rosée des Alpes. Mon niveau de vie a considérablement augmenté – j’habite à 500m d’altitude. Je respire de l’air moins pollué et moins oxygéné, je mange des légumes de mon potager (de juin à août), et je dégivre le pare-brise de ma voiture (de novembre à mars). Adepte du mouvement locavore, je suis tombée amoureuse d’un produit local montagnard, le Carnivore co-auteur de ce blog.

En réalité, on vous a menti : je ne suis pas vegan, mais j’aspire à le devenir, et lui n’est pas carnivore, mais nécrophage (un animal nécrophage se nourrit de cadavres, comme les clients d’une boucherie). Au contraire, les carnivores tuent leurs proies. Je sais de quoi je parle, étant issue d’une famille de chasseurs-cueilleurs modernes. C’est-à-dire, leur mode de subsistance complexe consistait à combiner la logique de prélèvement de ressources dans la nature aux techniques d’agriculture et d’élevage. Ainsi, pendant que mon grand-père utilisait le chien comme auxiliaire de chasse, ma grand-mère décapitait la poule domestique avec ses propres mains, pour les cuisiner au feu de bois coupé par eux-mêmes. Il ne fallait surtout pas avoir pitié de la poulette par risque de prolonger son agonie, m’a toujours expliqué mamie. Assister à ce spectacle permet de comprendre l’expression « courir comme un poulet sans tête ».

Heureusement, mes parents n’ont jamais eu besoin de sacrifier nos repas (hormis à quelques fêtes de la tue-cochon) : les supermarchés ouverts le dimanche offraient une vaste variété d’aliments déjà emballés (comme la poule sans tête ou la sardine en boîte), parfois d’origines exotiques (comme la viande de kangourou et l’açai), que nous pouvions réchauffer aux micro-ondes.

Moi, aujourd’hui, je commande mes produits en ligne et je les prépare au thermomix. Je ne peux pas vous dire à quel moment j’ai décidé de ne plus manger de cadavres, c’était plutôt un processus lent, freiné par des fausses croyances, de gourmandise et de flemmardise, et poussé par des petites anecdotes, comme le repas en amoureux Bambi dans sa sauce savoyarde.

L’idée de ce blog née de l’envie de partager cette métamorphose, vécue à deux, avec ses épreuves, mais aussi ses moments drôles.

Lui...

Bonjour chers lecteurs, 

Moi, c’est Benjamin, 36 ans, infirmier… et CARNIVORE !!!

Je suis né et vis au centre du monde : la Savoie :)⇒

J’ai grandi entouré de montagnes, de fermes, de coopératives laitières qui fournissent, entre autres, Reblochons, Tomes et Abondances… et, surtout, j’ai été élevé depuis toujours dans la tradition de la Tartiflette et ses lardons, de la Charcuterie pour accompagner les Raclettes et les Fondues, au Diots-Polenta, aux saucisses pures porc, et le tout faisant traditionnellement suite à un apéritif agrémenté par le dieu SAUCISSON.

Mais voilà, il y a 5 ans mon régime alimentaire est vu mis en péril suite à ma rencontre avec VickyLou, une pétillante et magnifique jeune femme, portugaise, adepte du yoga, des astres, qui employait de mots un peu bizarres comme légumes, soupe, ou encore poisson… ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille, mais mon cœur aveuglé par l’amour n’a pas écouté les mises en garde de mon estomac.

Depuis, notre vie de couple est harmonieuse… enfin… à part au moment des repas … C’est cela que j’ai envie de partager avec vous, les petits arrangements, les concessions, les changements, mais aussi les petits pics, les anecdotes et, parfois, les disputes souvent ridicules que peuvent produire…

LA RENCONTRE ENTRE UN CARNIVORE ET UNE VEGAN

Le premier repas

Je ne peux m’empêcher de partager avec vous ce moment qui a changé ma vie et qui illustre la "problématique". Nous sommes l...