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| Cabo da Roca |
Moi, c’est VickyLou, née à mi-nuit, sous la lueur de la lune croissante, pas loin de « l’endroit où la terre s’arrête et où la mer commence », le point le plus occidental du continent européen.
Il y a 6 ans, j’ai changé les embruns marins pour la rosée des Alpes. Mon niveau de vie a considérablement augmenté – j’habite à 500m d’altitude. Je respire de l’air moins pollué et moins oxygéné, je mange des légumes de mon potager (de juin à août), et je dégivre le pare-brise de ma voiture (de novembre à mars). Adepte du mouvement locavore, je suis tombée amoureuse d’un produit local montagnard, le Carnivore co-auteur de ce blog.
En réalité, on vous a menti : je ne suis pas vegan, mais j’aspire à le devenir, et lui n’est pas carnivore, mais nécrophage (un animal nécrophage se nourrit de cadavres, comme les clients d’une boucherie). Au contraire, les carnivores tuent leurs proies. Je sais de quoi je parle, étant issue d’une famille de chasseurs-cueilleurs modernes. C’est-à-dire, leur mode de subsistance complexe consistait à combiner la logique de prélèvement de ressources dans la nature aux techniques d’agriculture et d’élevage. Ainsi, pendant que mon grand-père utilisait le chien comme auxiliaire de chasse, ma grand-mère décapitait la poule domestique avec ses propres mains, pour les cuisiner au feu de bois coupé par eux-mêmes. Il ne fallait surtout pas avoir pitié de la poulette par risque de prolonger son agonie, m’a toujours expliqué mamie. Assister à ce spectacle permet de comprendre l’expression « courir comme un poulet sans tête ».
Heureusement, mes parents n’ont jamais eu besoin de sacrifier nos repas (hormis à quelques fêtes de la tue-cochon) : les supermarchés ouverts le dimanche offraient une vaste variété d’aliments déjà emballés (comme la poule sans tête ou la sardine en boîte), parfois d’origines exotiques (comme la viande de kangourou et l’açai), que nous pouvions réchauffer aux micro-ondes.
Moi, aujourd’hui, je commande mes produits en ligne et je les prépare au thermomix. Je ne peux pas vous dire à quel moment j’ai décidé de ne plus manger de cadavres, c’était plutôt un processus lent, freiné par des fausses croyances, de gourmandise et de flemmardise, et poussé par des petites anecdotes, comme le repas en amoureux Bambi dans sa sauce savoyarde.
L’idée de ce blog née de l’envie de partager cette métamorphose, vécue à deux, avec ses épreuves, mais aussi ses moments drôles.

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